Ai no Kusabi
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[Blondie] Raoul Am, Favoris de Jupiter

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Raoul Am
Blondie - 1ère Génération
Membre du Syndicat - Fondatrice


Blondie - 1ère Génération  Membre du Syndicat - Fondatrice
▌Métier : Favoris de Jupiter


MessageSujet: [Blondie] Raoul Am, Favoris de Jupiter Jeu 16 Mai - 11:59



Nom & Prénom



Info Personnelle



¦Nom¦ ▬ Am
¦Prénom¦ ▬ Raoul
¦Surnom¦ ▬ The Mindbender, littéralement "le tordeur d'esprit"
¦Statut¦ ▬ Célibataire endurcit
¦Age¦ ▬ 32 ans
¦Lieu de naissance¦ ▬ Les cuves d'Amoï
¦Préférence sexuelle¦ ▬ Aussi étonnant que cela puisse paraître, Raoul est vierge. Il ne s'est jamais posé la question, trop occupé par son travail.
¦Métier¦ ▬ Favoris de Jupiter, un bien lourd métier.
¦Groupe¦ ▬ Blondie

¦Personnage de l'avatar¦ ▬ Raoul Am lui-même, de Ai no Kusabi



Condition Physique


Il n’y a pas vraiment de modèle de blondie, à tous les regarder on peut penser qu’ils sont tous « conçus » à partir d’un même type, et qu’ensuite on y greffe quelques particularités. Je ne fais pas exception à la règle. Comme ceux de ma caste je suis grand, c’est indéniable, mais pas immense. 1.93 mètre pour être exact, une taille respectable, mais qui n’égale pas certains de mes frères bien plus imposants, tant par leur taille que leur carrure.
Ma carrure justement, parlons-en. Je ne suis pas fait pour les combats de rues comme les humains qui y trouvent distraction et moyen de régler leurs comptes. On ne peut pas me qualifier de gringalet, je m’en sentirais insulté d’ailleurs. Disons que si j’ai l’air large d’épaule, ce n’est qu’une impression due aux vêtement. En vérité je suis parfaitement proportionné, comme un Blondie se doit de l’être. J’ai peut être la taille un peu plus fine que certains de mes confrères, mais cela ne joue pratiquement pas. De toute façon, personne ne m’a jamais vu entièrement nu.
Je ne suis pas tout en muscle, bien que ma force soit indéniable. J’en use rarement, et ma seule activité physique intense sera de réussir à ouvrir un pot de mayonnaise récalcitrant. On ne me demande jamais rien de plus, même si je suis capable de travaux manuels dis « avilissant ».
Jamais on ne verra un Blondie à la peau matte, et je ne fais pas exception. Mon teint est clair, mais pas pâle à en faire peur. Il parait que dans d’autres civilisations les nobles doivent avoir la peau blanche, signe de leur rang, et que la peau brune est l’apanage de l’esclave travaillant au soleil. Peut être est-ce vrai, je n’en sais rien. Cette peau ne souffre d’aucune imperfection, pas de grains de beauté, pas de tache de rousseur, pas de cicatrice, non rien. Elle est soit disant plus douce que celle d’un humain, j’avoue ne pas savoir si c’est la vérité. Pour moi elle est normale, et je ne laisse personne poser ses doigts sur moi. A confirmer. Un jour.

Mes yeux sont verts, assez foncés. Une couleur normale également, On raconte que les yeux sont un reflet de l’âme, j’ignore si c’est vrai, et si un être artificiel possède une âme. Depuis quelques temps, s'ils reflètent réellement quelque chose, ce doit être ce mal qui me ronge, et la fatigue que je ressens chaque soir en rentrant. Ils sont froids, à mon image, perçant aussi. Jamais on y verra le doute, ou la peur. En public en tout cas. Car une fois seul, j’y vois même les larmes essayer de s’en échapper.
Mon visage est fin, un peu anguleux peut être, peu marqué par l’âge et la fatigue, aussi jeune qu’à mes vingt ans malgré un air dur qu’on me reproche souvent. Parfois, très rarement, on peut voir une rougeur colorer mes joues lorsque je suis gêné. Mais cet évènement est rarissime, une seule personne le provoquait. Mes lèvres sont fines, légèrement pâles, et le plus souvent closes.

Et enfin, ce qui importe chez un Blondie, c’est sa couleur de cheveux. Une rumeur circule chez les humains comme quoi plus ils seraient clairs, plus cela démontrerait le rang élevé du Blondie. Les miens tirent un peu sur le roux parfois, un blond assez foncé. Blond vénitien. Ce n’est pas la teinte la plus claire qui soit. A moi elle me plait. Mes cheveux ne sont pas raides, comme ceux de Iason, mais ondulés, parfois ils bouclent au réveil. C’est une véritable horreur quand je dors n’importe comment et que je vois le résultat au matin. J’en prends grand soin, parce que je les trouve très beaux, c’est ma petite coquetterie dirons nous. Ainsi ils sont toujours soyeux, mais je ne supporte pas qu’on les touche.

Pour ce qui est des vêtements, je porte aussi bien l’habit officiel qu’implique mes fonctions, que des vêtements plus simples qui me permettraient de me fondre dans la foule. Ma préférence va toutefois à ces seconds, car j’aime être à l’aise. Chez moi je reste le plus souvent avec une chemise, et un pantalon ample. Et pour dormir, le plus simple appareil suffit. J’avoue faire très attention à mon apparence, car mon rôle implique une perfection quasi constante. Je dois toujours être impeccable, c’en est presque fatiguant. Alors quand j’ai un peu de temps pour moi, je ne m’embête pas !

¦Signes distinctifs/Autres¦ Rien.



Dossier Psychologique



On me qualifie d’homme froid, et c’est ce que je suis. Je ne suis pas un adepte des démonstrations enflammées, ni des sourires, et encore moins des mots doux et rassurants. Je parle peu, et rarement pour ne rien dire. Et quand aux blagues, quand on voit l’humour des miens on peut se poser des questions. Ils m’ennuient, mais je n’ai d’autre choix que de faire croire que le temps passé en leur compagnie m’est agréable. Une hypocrisie constante, mais c’est ainsi que nous vivons. L’étiquette, toujours l’étiquette, et les bonnes manières. Les conversations polies et futiles, on ne parle pas de sois, jamais. Le personnel ne doit pas nous suivre lorsque nous passons la porte de la maison. Il en va de même pour moi.
Depuis que j’ai attaqué l’esprit de cet homme, que j’ai compris le danger que représentait le fait d’avoir des sentiments visibles sur lesquels pouvaient jouer mes ennemis, je dissimule tout. Personne ne sait ce que je pense, et je m’attèle à ne pas me laisser deviner. On pense à tord que je suis un homme insensible. Mais laissons là les futilités pour s’intéresser à celui que je suis en réalité.

Je suis quelqu’un qui sait rester à sa place, je ne cherche pas à m’élever contre mes supérieurs. Ce n’est pas pour autant que j’accepte tout. Je suis un médiateur, et en cas de conflit j’essaye de régler le différent au mieux en préservant les intérêts des deux parties comme il est possible de le faire.
Jusqu’à présent je vivais dans l’ombre, alors me retrouver ainsi sur le devant de la scène est quelque peu difficile. Mon rôle n’était que de conseil, bien que la personne que je devais aider ne m’ait jamais écouté. Étant observateur, je n’ai pas besoin de parler, il me suffit de regarder pour savoir ce qui se passe. Les gens ont des comportements qui ne trompent pas, des regards, des sourires.
Une de mes qualités sans doute est d’être patient. Je ne suis pas un homme sujet à la colère, mais plutôt calme. En revanche je garde rancœur contre ceux qui me trahissent. La trahison, elle m’insupporte. De part mon ancienne je condition, je suis également discret. D’ailleurs je n’aime pas la foule et préfère de loin rester seul. Je ne hausse jamais le ton, autant dire qu’il est difficile de savoir si je suis énervé ou non. Même mes sentiments ne sont pas trahis par ma voix lorsque je suis en public.

Certaines mauvaises langues diront que je suis indécis, c’est faux. Je prend mon temps pour réfléchir aux conséquences de mes actes, et choisir la bonne solution. L’impulsivité n’est donc pas mon fort. Je n’aime pas trop les bouleversements imprévisibles, ceux qui vous tombent dessus sans qu’on ne les ai vu venir.

Ce que j’aime ? Le calme, lire quand le temps me le permet, jouer de la musique aussi. Avant je pratiquais le piano, j’ai arrêté depuis. Mais la musique me détend toujours autant, même si les occasions d’en écouter se font rares.
J’adore la cuisine également, bien que je ne me mette que rarement aux fourneaux, et pour cause je suis un bien piètre cuisinier. Assurément ma préférence va aux fruits rouges. Avec de la crème fouettée. Je me lève même les soirs pour grignoter. C’est dans ces moments que l’on remercie la science pour nous éviter de prendre un gramme. Comme tout gourmand qui se respecte, le chocolat a une place à part entière dans mes goûts culinaires.
Ma couleur préférée est le bleu, depuis que j’ai vu l’océan, une seule fois. Sinon que dire sur mes goûts ? Le reste m’est un peu indifférent, je n’ai jamais connu de grandes sources d’amusement. C’est ce qui arrive quand on grandi dans un univers aussi stricte que celui dans lequel j’évolue.

Quand à ce que je n’aime pas, l’alcool en première position. Je bois peu, et uniquement aux repas auxquels on m’oblige à assister. Un verre de vin à la rigueur, mais rien d’autre. Je n’approuve pas ces gens qui boivent à en perdre la tête, ceux là ne méritent que mon indifférence. La viande ensuite, on ne peut pas me qualifier de grand carnivore. Je l’évite, même si j’en mange un peu. Je préfère le poisson. J’ai également une sainte horreur des gens qui me font perdre mon temps.

Là aussi mes goûts sont relativement simple, puisque je suis assez peu difficile de toute manière. En ce qui concerne les Pets, la question est plus difficile. En avoir un me parait normal, voir essentiel, mais je n’y touche pas. Je dois faire partie de cette première génération qui jamais ne posera un doigt sur un corps dénudé et offert. Pour autant je n’approuve pas leurs mauvais traitements. On touche avec les yeux, pas besoin d’introduire passion et sentiment dans ces relations.
Un tantinet protecteur et possessif, je n’apprécie pas qu’on touche à ce qui est miens. Et même si aujourd’hui j’essaye de concilier les demandes de Blondies auprès de notre Mère, je tente difficilement de la faire entendre raison sur les lois très sévères qu’elle a fait prendre contre les humains.

Un peu plus...



¦Défauts majeurs¦ ▬ froid, méfiant, possessif, relativement indifférent
¦Qualités majeures¦ ▬ diplomate, à l'écoute, observateur, juste
¦Troubles/Phobies¦ ▬ Depuis la mort de Iason, je pense avoir découvert une peur, une phobie même. J'ai peur de ressentir à nouveau cette souffrance, de m'attacher à un être, et de le voir m'échapper. Encore.
¦Particularités¦ ▬ rien de particuliers si ce n'est que je sais jouer un peu de piano, quelque chose d'assez rare pour un Blondie normalement dénué de sens artistique
¦Manies¦ ▬ aucune non plus, peut être chercher l'isolement à tout prix



Biographie



The Mindbender, ce surnom me collait à la peau, comme un vêtement impossible à retirer. Tel était mon rôle, depuis toujours, d’aussi loin que remonte mes souvenirs, celui de manipuler l’esprit des gens.
Comme bon nombre de mes semblables, j’ai été élevé par une « famille d’accueil » si on pouvait la nommer ainsi. Mon enfance ressemblait à celle de nombre d’autre, au moins pour mes jeunes années. Et vers l’âge de sept ans, l’âge de raison à ce qu’il se raconte, on m’expliqua que plus tard je serais quelqu’un « d’important ». J’eus beau poser des questions, on ne m’expliqua rien de plus. Juste ces mots : « quelqu’un d’important ». Les adultes ne doivent pas se rendre compte de l’effet que leurs mots ont sur les enfants, particulièrement quand ils ne donnent aucune explication. Comme tous les gamins, j’usais et abusais de cette phrase envers mes camarades. Jusqu’à ce que je rencontre par le plus grand des hasards, un garçon de mon âge, mais qui semblait plus vieux de part sa façon de penser. Depuis quelques temps, j’avais découvert une capacité étrange, effrayante même, que j’avais bien du mal à maîtriser : je pouvais lire dans les pensées. En règle générale, cela marchait sur la plupart des personnes. Surtout sur les enfants de huit ans. Mais sur lui, rien, pas une pensées, le vide. Peut être que ce jour là il vit l’incompréhension sur mon visage car il me répondit en souriant :

-Moi je suis plus important que toi.

Lui comme moi ignorions tout de la signification de ces mots. Qu’est-ce qui était important au fond ? Pour un enfant, les seules choses importantes se résumaient à avoir de bonnes notes à l’école, être sage pour ne pas être grondé, combler les attentes de nos aînés.
Ce garçon, il s’appelait Iason. Iason Mink. Et je ne l’aimais pas. Il y avait quelque chose chez lui qui m’exaspérait, et dès notre première rencontre je l’élevais au rang de « rival ». Bien que Iason n’en soit jamais informé. A vrai dire je me plaisais à toujours le défier, sans rien lui dire bien entendu, à essayer de le surpasser. Je crois qu’au fond je l’admirais. Hors de question de le reconnaitre bien entendu. Et encore moins de le lui avouer.
Peu importait combien je me surpassais, Iason me devançait toujours d’un cran. Cela m’énervait, mais en même temps me poussait à toujours repousser mes limites, à essayer de faire mieux à chaque fois. Cette pseudo compétition me mena loin, sur le chemin qu’on avait tracé pour moi bien avant ma « naissance ». Quand à Iason, il passa de rival à ami, sans que je ne m’en rende compte. Certainement que lui non plus. Lui continuait sur sa route, et moi sur la mienne. Etrangement j’avais l’impression de toujours être dans son ombre, juste derrière, indissociable de sa personne, même enfant.

Ma rencontre avec lui fut le premier véritable évènement majeur de ma vie. Je ne sais toujours pas pourquoi aujourd’hui encore. Les choses étaient bien ainsi. Iason gardait sa longueur d’avance, et il déteignait sur moi je crois. Je me suis toujours demandé pourquoi il avait l’air plus « grand » que moi, alors que nous avions le même âge. Peut être que c’était vrai, il était « plus important » que moi.


Entre l’enfance et l’âge adulte, il y a une période appelé adolescence, un Blondie n’échappe pas à la règle, sauf exception. Moi je n’y coupai pas non plus. Là où d’autres continuaient leurs études ou entraient dans la vie professionnelle, moi je suivais un parcours totalement différent. Certes le savoir faisait partie intégrante de ma vie, la culture générale, la littérature, l’économie, et un tas d’autres matières qui ne m’attiraient pas toutes.
Peu à peu l’insouciance de l’enfance s’envola, de même que mes loisirs et mon temps libre. On pouvait parler d’un agenda de ministre, tellement que je n’avais plus une seule minute à moi, ne serait-ce que pour lire autre chose qu’une revue économique.
Il m’a fallu attendre quelques années avant d’enfin comprendre ce que signifiait « quelqu’un d’important ». Comme beaucoup de Blondies, j’ai été créé pour remplir un rôle bien particulier, le mien pouvait s’assimiler à celui de psychologue. Par extension. Très grande extension. Ce pouvoir qui m’effrayait un peu lorsque j’étais enfant, s’était précisé, et surtout j’avais appris à le dompter. Je pouvais lire dans les pensées, mais également modifier les souvenirs, ou arracher des souvenirs de force aux gens. Apprendre tout ça, et devoir répondre à de nouvelles attentes, toujours plus exigeantes, cela soulevait des milliers de questions. L’enfant que j’étais se retrouvait propulsé à toute vitesse dans un monde qui lui était, somme toute, inconnu, voir hostile.
Arracher un souvenir à son propriétaire, était-ce bien ou mal ? Un problème de cette taille aurait certainement fait s’arracher bon nombre de cheveux sur la tête d’un philosophe de renommée. Moi il me laissait indifférent. Je faisais ce pourquoi j’existais, ce pourquoi on m’avais donné la vie. Il n’y avait pas de « bien » ou de « mal », simplement un devoir qui devait être accomplit. Et en même temps que j’apprenais l’art de faire mien un esprit, je développais le don de protéger le mien, car je n’étais pas le seul à pouvoir lire les pensées.
Cet apprentissage ainsi que celui, plus complexe, des rouages faisant tourner notre monde me prenait tellement de temps que je ne voyais plus les mois défiler. La seule chose restant immuable, toujours là près de moi, c’était ce lien qui m’unissait à Iason. Quand je repensais à mon enfance, je ne pouvais m’empêcher de sourire devant la puérilité de ma réaction à notre rencontre. Si moi j’avais évolué, grandi aussi bien physiquement que mentalement, lui restait fidèle à sa personne. Oh il avait bien pris quelques centimètres, encore un sujet de discorde. Pourquoi donc Iason était-il plus grand que moi ? De peu je l’accorde, mais tout de même, c’était frustrant.

Ce fut vers l’âge de 15 ans qu’un autre évènement majeur changea le cours de mon existence. Je connaissais les pets pour en avoir à la maison. Mais jusqu’à ce jour, je pensais qu’ils n’étaient que des serviteurs, rien de plus, obéissant aux ordres qu’on leur donnait. Des êtres créés pour nous servir et rien d’autre. Ah comme j’étais naïf !
Un soir, alors que mes « parents » étaient de sortie, Iason est venu chez moi. Il avait ce regard ne présageant rien de bon pour ma personne, et avec toute l’innocence dont était capable celui qui préparait un mauvais coup, il me demanda :

-Tu ne fais rien ce soir Raoul ?
-Non, je voudrais profiter du calme pour lire un peu.
-Oublies ça, j’ai mieux. Viens avec moi, tu vas aimer.


Etrangement, je n’en croyais pas un mot. Mais je ne pouvais rien lui refuser, alors je laissai un mot sur la table du salon, et lui emboitai le pas.
Iason nous conduisit dehors, au beau milieu de la nuit. Et moi je suivais, me demandant bien ce qu’il préparait. Lorsque je compris qu’il nous faisait quitter Tanagura, je tentai de protester, il ne m’écouta pas. Pour changer. Iason ne m’écoutait jamais.
Je le collais comme son ombre, peu rassuré à l’idée de trainer les bas quartiers à cette heure. On m’avait expliqué que les Blondies étaient la caste supérieure, respectés et crains de tous, cela n’empêchait pas que deux enfants en territoire humain restaient des proies faciles. A l’époque j’étais plus arrogant qu’aujourd’hui, et je croyais dur comme fer que les humains ne faisaient que nous servir, au même titre que les pets. Ceux qui restaient libres, les Mongrels comme on les appelait, ne pouvaient jouir de ce privilège uniquement parce qu’ils n’étaient pas assez bien pour nous servir. Pour autant je n’aurais pas fais le fier seul face à un groupe d’humains.
Nous foulions à présent le sol de Seala, nous enfonçant toujours plus dans les ruelles sombres et désertes, heureusement. Au bout d’un moment, j’osai demander où nous allions, ma seule réponse fut un : « tu verras » murmuré avec le sourire. Je finis par reconnaitre le quartier commerçant de la cité basse. Iason avait quelque chose à acheter ? Il avait peut être demandé à un commerçant de l’attendre pour lui remettre un quelconque trésor. Rien de tout ça. Mon ami me fit arrêter devant un hôtel à l’enseigne clignotante « LOVE-INN ». C’était la première fois que j’y mettais les pieds, aussi l’appréhension fut elle chassée par la curiosité. Visiblement mon changement d’humeur se fit ressentir par mon compagnon qui entra sans la moindre hésitation. Moi je lui emboîtai le pas, un peu plus réservé quand même.
La musique assourdissante me tapa rapidement sur les système, je n’aimais pas les sons trop forts. Un homme nous accueillit et nous conduisit dans une salle réservée à « l’élite » comme il le dit si bien. Le mystère allait enfin être résolu, j’allais enfin savoir la raison de notre venue ici. La porte qu’on nous avait ouverte débouchait sur une mezzanine, on accédait au rez-de-chaussée par un escalier sur la droite. La musique ici était moins forte, plus douce aussi, il régnait dans l’air une impression de volupté, mais aussi quelque chose de malsain.
Me glissant sans bruit à la suite de Iason, je me penchai par-dessus la rambarde. Ce que je vis me fit rougir de gêne et de honte. Depuis tout petit on me répétait qu’il ne fallait jamais toucher un Pet, que les Animaux n’étaient que des choses, que jamais il ne fallait braver l’interdit posé par Jupiter. Ne jamais avoir de contact avec ces êtres. Et là devant moi, j’assistais à une réunion de rebelles certainement, qui bravaient l’interdit. Ils étaient rares, certes, mais certains osaient. Ils touchaient. Et ceux qui ne posaient pas leurs mains sur les corps dénudés les regardaient s’enlacer dans des pauses obscènes. Les soupirs lascifs, les gémissements rauques, les corps humides miroitant sous la lumière qui les inondait et mettait en évidence leurs jeux, cette vue me fit détourner le regard.

-Mais qu’est-ce que c’est ? Où m’as-tu emmené ?
-Tu ne savais pas ? On se sert des Animaux comme ça aussi. Il parait que c’est normal, c’est pour divertir et combler eu … Ah je ne sais plus, j’avais entendu mon tuteur en parler.
-Oui peut être, en attendant c’est dégoûtant ! Je veux rentrer !
-Tu es tout rouge Raoul
, se moquait mon ami.
-A qui la faute ? Pestai-je.
-Viens on va voir de plus près.
-Non ! Attends on va avoir des ennuis !
-Mais non, dis toi que c’est pour parfaire ton éducation
.

Des années plus tard, que je repensais à cette petite escapade, je ne pouvais m’empêcher de me dire que Iason faisait partie d’une catégorie de personne que les humains nommaient « pervers ».
Bien malgré moi, il m’entraina en bas, au cœur de l’action. J’éprouvais tellement de gêne que je gardais les yeux rivés au sol. Iason semblait fasciné, tant mieux, lui au moins il s’amusait ! Moi je ne pensais qu’aux réprimandes de nos « parents » si ils nous trouvaient ici. Sous la pression de mon compagnon, j’osais lever un œil vers la scène, déglutissant avec toutes les difficultés du monde. Maintenant que je voyais de plus près, je me sentais encore plus mal. Ce n’était plus de la gêne à vrai dire, juste l’appréhension de la punition qu’on allait nous infliger pour avoir désobéit aux règles imposées par les adultes.
Comme je m’y attendais, on finit par nous découvrir. Quelle idée aussi de fuir comme ça ! Mais bizarrement, la raison de la colère de mon « père » ne concernait en rien ce spectacle auquel j’avais assisté. Il m’en voulait simplement d’être parti comme ça, sans prévenir, à Seala en plus, alors qu’il aurait pu m’arriver malheur. Quand à l’objet de ma fugue, il l’interpréta bien mal. Selon lui, j’arrivais à un âge où on s’intéressait de plus près aux choses du corps, où on avait soif d’une nouvelle connaissance. En réalité ce n’était pas ça, Iason m’avait juste forcé à le suivre, et comme il savait que je ne lui refusais jamais rien il en profitait. Quoiqu’il en soit, mon « père » jugea que cette expérience était la preuve que je devais à présent assister aux « soirées ». Et qu’il était plus que temps que je me familiarise à ces pratiques parce que j’étais « une personne importante ». Encore cette phrase.
Grâce à Iason, je me retrouvais à aller toutes les semaines assister à des « sex-party », et apprit qu’il ne s’agissait pas que d’observer les Animaux s’accoupler. On y parlait affaire également. Un lieu de rencontre, de transaction, de passation de pouvoir, mais également d’affrontement. Dans ce décor de Luxure on se jaugeait, se défiait silencieusement, ces « combats » prenaient la forme de phrases bien placées, de sourires froids et mesquins, et de bluff. Peu à peu je m’affirmais, et apprenais à me tenir en circonstances. J’appris également à dissimuler ce que je pensais sous un masque de froideur et d’impassibilité. Peut être était-ce cela que l’on appelait « grandir ».

***

On raconte que l’année de nos vingt ans est la plus belle de notre existence. Pour moi elle commençait fort et s’annonçait riche en émotions. Les jours se suivaient et se ressemblaient. Il me fallait tout retenir, tout assimiler, tout ressortir au bon moment. Oh ce n’était pas bien difficile, les Blondies sont des êtres supérieurs après tout. Je me demande toute de même si notre Mère a vraiment songé à tout. Comme à cette politesse glacée entre nous, ce sourire hypocrite sur nos visages, cet intérêt simulé pour la vie de chacun qui ressemblait à la notre.
Malgré moi, malgré ma réticence à devoir me comporter ainsi, je posais un peu plus chaque jour ce masque qui ne devrait plus me quitter par la suite. A moi plus encore qu’un autre. J’avais l’impression que le fossé entre moi et mon meilleur ami, peut être même mon seul ami, se creusait un peu plus chaque jour. Lui s’élevait de plus en plus, beau, sûr de lui, fier et droit. Comme une âme s’élevant vers la lumière, près de sa Créatrice. Tandis que moi je restais encore et toujours derrière, fermant la porte derrière lui pour empêcher le noir de venir ternir son éclat.

L’année de mes vingt ans, pour la première fois, je fis ce pour quoi j’existais. On vint me chercher au milieu d’un cours particulier, prétextant une affaire grave. Dans le couloir menant à la salle d’interrogatoire, on m’expliqua que l’homme que je devais interroger était soupçonné d’être à la tête d’un trafic de Pets de luxe. Un petit trafiquant, comme il en existait des dizaines, mais lui avait été choisis spécialement pour moi. Pour me tester. Pour vérifier mon utilité au sein de la société.
On m’ouvrit la porte, me laissant seul avec le prévenu. Je le saluai puis pris place face à lui. Un blondie aux cheveux châtains, à la limite donc. Il répondit à ma salut par un bref mouvement de tête. Je savais, à la seconde même où nos regards se croisaient, qu’il était puissant mentalement. Ma première épreuve, celle qui ferait de moi un homme respecté, ou un déchet laissé au fon d’une poubelle.
Le silence pesant nous enveloppa, plus un sons, pas même celui régulier d’une respiration. Je me concentrai, fermant entièrement mon esprit en même temps que je m’insinuait dans le sien. Très vite je me heurtais à une résistance. Cela n’avait rien d’étonnant, nombreux étaient ceux de ma caste à posséder une barrière mentale. Peu étaient ceux qui en avait une si forte. Il me repoussa, me fermait l’accès à ses souvenirs, le tout en me souriant. Hors de question de me laisser faire ! Je ne pouvais pas rester à la traine, je ne voulais pas être encore dépassé. Que dirait Iason si il apprenait mon échec ? Il continuerait sa route sans moi, il aurait peut être honte d’avoir été proche d’un incapable. Je ne pouvais tolérer cette seule pensée.
Fort de cette rage, de cette envie de le dépasser dans un domaine, j’écrasai littéralement la défense de mon adversaire, j’entrais dans ses souvenirs, y puisais les informations, je poussai jusqu’à remodeler entièrement ses souvenirs. L’exercice me laissa pantois, essoufflé, mais victorieux.

-Tu t’appelles Maxence, tu as 43 ans, et tu es un mongrel aux cheveux étrangement clairs. Tu es un Animal de luxe, arraché à ton foyer depuis sa plus tendre enfance. A présent, tu es au service d’un éleveur, tu l’aide à t’occuper des nouveaux, et tu sera bientôt castré.

Il avait hoché la tête à chacun de mes mots, le regard absent, vide de toute émotion. Je me levai, réajustai mes vêtements et quittai la salle. Intérieurement je jubilais d’avoir réussi. Mais face à mes supérieurs, je ne montrai rien, pas même un mince sourire. Au contraire, je demandai d’un ton glacial :

-Êtes vous satisfait de ce petit test ?
-Très. A partir de maintenant votre présence sera souvent requise, Monsieur.


Je les vis s’incliner légèrement, mais n’ajoutai rien, préférant partir sans un mot. Mais le soir venu, lorsqu’enfin je fus seul, je pris soin de fermer la porte de ma chambre à clé, et me laissai glisser au sol. Mes jambes ne me portaient plus, tant l’émotion était forte. En l’espace de quelques minutes, j’avais détruis ce qu’un homme avait mis des années à construire. Quel pouvoir effrayant, envoûtant. Lorsque je m’étais plongé dans les souvenirs de cet homme, j’ai bien cru les voir me dévorer. J’ai cru que mon propre esprit allait en être anéanti, assimilé à ce passé qui n’était pas le mien. L’esprit est une chose fragile, qu’il fallait protéger. Cette expérience m’appris que je ne devais jamais laisser quoi que ce soit, ou qui que ce soit, pénétrer le mien. Je devais toujours dissimuler ce que je ressentais derrière un mur de glace. Ce fut à partir de ce moment que je devint le « tordeur d’esprit ». Oui vraiment, je pouvais mériter ce titre après une pareille expérience. En même temps que je devenais enfin « quelqu’un d’important », je me dis la promesse de ne jamais laisser personne découvrir ce que je cachais au plus profond de moi.

***

-Oh non, non, non et non, tu n’as pas fais ça ? Pitié dis-moi que tu n’a pas fais ça ?
-Et pourquoi pas ?
-Iason c’est … un … c’est … Ah mais enfin tu sais ce qui risque d’arriver ?
-Je ne vois pas où est le problème.
-En un mot un seul : bâtard ! C’est un bâtard, rien d’autre ! Quelqu’un comme toi ne devrais pas …
-Et qui es-tu toi pour me dire ce que je dois faire ou non ?
-Si Jupiter l’apprend …
-Alors tu devras te taire. Tant que je fais mon travail, personne ne peut interférer dans ma vie privée.
-Iason …
-Si je dois être trahis, j’espère que ce ne sera pas par toi.


Ces yeux bleus aussi durs que la glace, cet air sévère, mais en même temps ces mots dans lesquels je devinais toute la confiance qu’il plaçait en moi. Je promis silencieusement, lâchant un unique soupir pour m’avouer vaincu. Après tout, on ne refusait rien à Iason Mink, l’homme le plus important de Tanagura. Mais là il dépassait les bornes. Qu’un Blondie possède un Pet, même plusieurs, c’était normal et même obligatoire pour ne pas être mal vue. Cependant, un homme de sa qualité, prendre ce … cet … lui ! Il s’appelait Riki, et je fus le premier au courant de son existence dans notre monde. D’un certain côté, j’étais ravi de voir que mon ami me mettait dans la confidence, qu’il m’estimait assez pour me le dire sans craindre mon jugement. Mais de l’autre, je craignais les conséquences de cet acte irréfléchi.
Ce Riki, je ne le voyais que rarement, toujours de loin. On ne pouvait le nier, il était très séduisant, mais également teigneux. Une forte tête qui accaparait tout le temps de mon ami et lui posait nombre de problèmes. Je tentais de garder mes distances, de ne pas intervenir, et ce en dépit de mes nombreux avertissements. Mais Iason ne m’écoutais pas, et moi je voyais le peu de temps libre que nous avions en commun être encore réduit par la présence de ce démon à la peau brune. Au fond je lui en voulais de me « voler » ce qui était mien. L’amitié de Iason, son temps, sa présence, tout allait à Riki. Et plus les jours passaient, plus ma rancœur à son égard grandissait.

Pour ma part, je continuais à vivre comme je l’avais toujours fais. Je me rendais régulièrement aux soirées pour parler affaire, et je m’étais découvert une passion assez étrange pour les échecs. Quand il n’était pas occupé ailleurs, Iason jouait avec moi, et je prenais grand plaisir à le battre. Les choses auraient pu continuer ainsi, lui avec son nouveau jouet, à l’utiliser tant qu’il l’amusait. Mais bien entendu, j’aurais dû me douter que cet énergumène me causerait du soucis.
Et ce problème à jambes avait jeté son dévolu sur Mimea. MON animal. Un tel affront ne pouvait pas passer. Iason s’occupa du cas de son indiscipliné démon noir, quand à moi je dû me séparer de Mimea. Non pas par plaisir, mais elle avait désobéit. La trahison m’a toujours insupporté elle en fit les frais. Si ma colère fut déjà féroce, elle restait cependant insignifiante comparée à la fureur de Iason. Jamais je ne l’avais vu ainsi. Cet incident éveilla le doute en moi, pour la première fois je me demandais si il n’y avait pas autre chose derrière cette histoire qu’une simple affaire d’Animal désobéissant.

Les choses s’envenimèrent bien vite, trop vite. Ces mots raisonnaient encore dans mon esprit bien des heures après qu’il me les ais dis. Je n’arrivais pas à leur donner contenance : « si je te disais que j’aime Riki ». Il l’aimait. Il bravait l’interdit, regarder mais pas toucher, et lui, lui il … Non, je n’osais pas, ne serait-ce qu’imaginer mon meilleur ami dans ces mêmes postures écœurantes que celles que les Pets nous exposaient à longueur de soirée. Jamais encore je n’avais envisagé la chose, du moins, pas au point de m’imaginer impliquer dans l’acte. Jupiter était stricte à ce propos : ne pas toucher aux Pets. Et entre Blondies, je n’y avais pas songé non plus. Peut être que certains le faisaient. En vérité, cette révélation soulevait des tas de questionnement. Je me rendis compte pour la première fois que les domaines plus, personnels, dirons-nous, m’échappaient totalement. Il l’aimait, et ce sentiment le poussait à tout perdre. Mais était-ce vrai ? Nous ne pouvons rien ressentir, pas de sentiments, pas de désir. Alors pourquoi ? Je n’arrivais pas à comprendre. Pourquoi faisait-il passer Riki avant tout le reste ? Que lui apportait ce garçon ?
J’ai ressassé ces questions les soirs, n’arrivant pas à trouver le sommeil. Et le matin m’apportait toujours la même réponse : « mets le en garde ». Des avertissements qui se heurtaient à un mur. Pourtant je savais, j’étais persuadé que si jamais Iason ne se montrait pas plus prudent on me demanderait d’interférer dans ses souvenirs. Jamais je ne pourrais le supporter. M’immiscer dans les pensées les plus intimes de mon ami, lire ses souvenirs, voir ces nuits passées à les brûler dans l’interdit. Peut être que cela m’aurait permis de le comprendre, le prix restait toutefois trop élevé. Je n’aurais pas supporté de devoir lui faire du mal, même obligé. Et si il était heureux ainsi, que pouvais-je y faire ? Malgré tout ça, je lui en voulais terriblement. Depuis tout petit nous ne nous quittions jamais, j’avais mis de longues années à la rattraper, à l’égaler, dans un domaine différent certes. Et maintenant que j’arrivais enfin à sa hauteur, voilà qu’une nouvelle fois il me devançait, se mettait hors de ma portée. A jamais, il me resterait inaccessible.

***

Jamais encore, jusqu’à maintenant, je n’ai eu à verser de larmes. La tristesse m’étais inconnue, du moins le croyais-je. Puis j’ai découvert que moi aussi, je savais pleuré. Des petites larmes salées, qui ont dévalé mes joues sans que je ne les y invite. Pourquoi ? Comment ? Je n’en savais rien.
Cette nuit fut terrible. J’avais à peine entrevue Iason, il semblait furieux. Si j’avais su que c’était là la dernière fois que l’on se voyait, peut être que je l’aurais retenu. Non pas peut être, c’était certain. J’y aurais été à sa place, même si on ne pouvait s’opposer à cette force terrible qu’est l’amour. Ce sentiment qui me prit l’être que j’avais de plus cher.
Un mauvais pressentiment m’habitait depuis la matinée, refusant de me quitter malgré mes efforts pour me persuader que tout allait bien. J’étais chez moi, à attendre le sommeil qui me fuyait depuis plusieurs jours. Machinalement, je me dirigeai vers le bar, sortis une bouteille de vin et m’en versai une coupe. C’est souvent le soir, une fois seul, que je laisse tomber le masque pour n’être plus que moi-même, et tenter de trouver un peu de paix avant d’aller me coucher. Le mauvais pressentiment qui m’étouffait ne fit que croitre. Peut être qu’au fond de moi, je le savais.

La lumière, les flammes, et le nuage de poussière, sans compter l’explosion que j’entendis malgré l’épaisseur des vitres. Au moment précis où je vis la déflagration au loin, mon cœur cessa de battre. J’ignorais tout des circonstances, des personnes impliquées, j’étais seulement certain que lui, il s’y trouvait.

-Iason …

Je ne voulais pas l’admettre, je me refusais à l’accepter. Il ne pouvait pas, il ne devait pas être … C’était impossible. Pas lui. Le verre que je tenais vola en éclat sous la pression de ma main, déchirant mon gant, déchirant ma peau. Le sang coula sur mes doigts, goutta sur le sol. La douleur physique de cette simple petite éraflure n’était en rien comparable à l’étau qui enserrait mon cœur à cet instant. La pression était telle que je craignais qu’elle ne finisse par le faire éclater.

Jamais je n’aurais pensé pleurer un jour.

Pourtant elles étaient là, sournoises, dévalant mes joues pour rejoindre le sol. Silencieuses, sans sanglots, sans grands flots, juste quelques traitresses qui venaient briser en éclat ce masque que je m’efforçais de porter en toute circonstance. Tant et si bien que j’en oubliais moi-même d’être Raoul. Il me fallut subir la perte d’un être cher pour me rendre compte du changement que j’avais opéré presque inconsciemment.
Indifférent à la fureur de Jupiter, à la foudre, au courts-circuits, au chaos qui tombait sur Tanagura, mes yeux restaient résolument fixés sur ce point à l’horizon. Celui qui voyait disparaitre à jamais le corps de mon meilleur ami, son âme, ce qui faisait que je l’aimais. A quel point, je ne pourrais le dire. Au fond, peu importe combien on aime une personne, elle finira toujours par s’en aller. Certain plus tôt que d’autre.

Je suis resté enfermé plusieurs jours chez moi après ça. Sortir m’était devenu impossible, tout simplement parce qu’il n’y avait rien de l’autre côté de ma porte résolument close. En dehors de Iason, rien ne m’étais véritablement précieux. Je n’étais proche de personne en particulier, je ne souhaitais pas l’être non plus. Pendant ces quelques jours d’isolement, personne ne vint me chercher. Ils étaient bien trop préoccupés par la mort de Iason et le gouffre qu’il laissait derrière lui. J’appris que Riki avait péri avec lui, au fond c’était ce qu’il y avait de mieux. J’espérais que ni l’un, ni l’autre, n’ait souffert. On a beau en vouloir à quelqu’un, on ne peut souhaiter le malheur d’une personne chère à notre cœur. Morts ensemble, par amour. Cela ressemblait presque à une fin digne d’un roman tragique.
Je me surpris à les envier. Ils n’avaient pas choisis cette vie, ni sa fin, mais malgré tout ça ils avaient bravé les interdits, et échappé à tout le monde. Finalement, eux étaient libres. Et pour cela, je les enviais, en même temps que je leur en voulais. Mais je n’y pouvais rien à présent, on ne court pas après les morts.

Ce ne fut pas la personne que j’imaginais qui vint à s’inquiéter de mon sort. On m’envoya un message, puis deux, trois, auxquels je ne répondis pas. Jupiter me convoquait. La raison, je la soupçonnais sans vouloir l’évoquer. Pour le moment je ne pouvais tout simplement pas y répondre par l’affirmative, et un refus serait très mal vu. Sans Iason, il fallait quelqu’un d’autre pour reprendre ses activités, et je me doutais que le quelqu’un ne serait autre que moi. Non pas que je n’étais pas flatté, à vrai dire cela ne me faisait ni chaud ni froid. Je venais de perdre mon meilleur ami, et rien ne pouvait combler ce vide qui prenait tant de place dans ma poitrine.
Au bout de la quatrième invitation, je décidai de sortir de chez moi, d’ouvrir les rideaux, de continuer à vivre. Si je ne pouvais rien faire pour changer le passé, je pouvais essayer d’influencer l’avenir. Si Jupiter me nommait à la tête du syndicat, si elle me permettait de m’entretenir aussi souvent avec elle qu’elle ne le faisait avec Iason, peut être que je pourrais lui faire entendre raison. Et alors la mort de mon ami ne serait pas vaine. Je pense que c’est ce qu’il aurait voulu, et que de là où il est, il doit au moins rager pour une chose : maintenant, c’est moi qui vais le dépasser. Je réussirais là où personne n’a réussi.

Occuper la place de mon ami ne fut pas chose évidente au début, j’avais l’impression d’être un usurpateur, ou un mauvais remplaçant. Et nombres de mes partenaires me le firent sentir. Il me fallut faire preuve de « persuasion » pour enfin être respecté. Les choses étaient très claires dès le départ : je n’étais pas Iason, je ne possédais pas ses méthodes, ni son charme. Devenir du jour au lendemain l’homme de l’ombre propulsé sur le devant de la scène fit quelque peu se craqueler mon masque. Heureusement, les choses rentrèrent bien vite dans l’ordre.
On me confia la gestion des biens de Iason, choses dont je me passais. Je ne gardai que quelques souvenirs, pas grand-chose, sans grande valeur commerciale. Je vendis la plupart de ses biens, rendis la liberté à ses meubles et pets, sauf un. Katze. Je le connaissais bien entendu, mais n’avais jamais été particulièrement proche de lui, et on ne pouvait pas dire que nos conversations dépassaient le stade du « trois phrases d’affilée ». Pourtant, je lui demandai de venir avec moi, et le pris sous ma protection. Je connaissais son histoire, son lien avec mon ami, et peut être qu’à travers lui je cherchais à m’accrocher au souvenir de Iason.


[Note : l'histoire a été totalement inventée par moi-même. Dans ma version Raoul est à la base membre de la milice. Dans le roman il est biochimiste.]

Un court résumé...


¦ Petite description rapide de votre personnage¦
Blondie de première génération. Ancien meilleur ami de Iason, il n'a toujours pas fait son deuil. Désormais propulsé à la tête du Syndicat, Raoul a beaucoup de mal à tout gérer, d'autant plus que sa place est contestée par beaucoup.

Pouvoir



¦Pouvoir 1¦ ▬ Altération mentale (maîtrisée) : Ce pouvoir ne me permet pas d'agir sur les actions d'une personne sur le moment, ou même de modifier ses actions futures sauf en influençant ses souvenirs.
Je peux en effet manipuler les souvenirs, c'est à dire les modifier, les effacer partiellement ou en partie, et par extension toucher aux émotions en atténuant ou vivifiant un souvenir, et donc les émotions qui y sont attachées. Cela peut modifier les comportements et actions d'une personne, mais pas sa personnalité car les traits de caractères dominants d'une personne sont présents dans bien trop de souvenir. Pour ce faire, il me faudrait exercer un contrôle très long, ou répété sur un sujet. Mais je peux le faire, bien que je ne le fasse que rarement.
Ce pouvoir est inefficace contre quelqu'un possédant un barrière mentale puissante, auquel cas ce serait un véritable duel : à celui qui ferait tomber la barrière de l'autre. Et contre les barrières normales, il est peu efficace, ne me permettant que de faire de légères modifications plausibles aux yeux de mon sujet. A moins que je ne puisse le travailler longuement et de façon répétée.

¦Pouvoirs 2¦ ▬ Barrière mentale (partielle)
Elle me permet de protéger mon esprit contre les intrusions et altérations. Néanmoins, mes pensées et souvenirs restent accessibles à un télékinésiste confirmé.
Mais je ne laisse pas n'importe qui pénétrer mon esprit, et dès que j'y sens une intrusion je réplique en usant de mon propre pouvoir.

¦Pouvoirs 2¦ ▬ Télékinésie (maîtrisée)
Je peux donc lire dans les pensées, logique pour pouvoir altérer l'esprit des gens. Je m'en sers pour guider mon pouvoir d'altération.

[Note : les trois pouvoirs de Raoul sont tirés du livre, d'où le fait qu'il en possède trois.]


▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬

Derrière votre écran



¦Votre âge¦ ▬ 22 ans
¦Des doubles comptes?¦ ▬ Oui, trois au total. Liial mon humain, et Idryss qui viendra plus tard.
¦Des questions ?¦ ▬ I want a cookie èé



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[Blondie] Raoul Am, Favoris de Jupiter

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