Ai no Kusabi
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[Meuble] Shaelan Eryth

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▌Métier : Meuble en fugue

▌Localisation : Seala
▌Humeur : Paniqué


MessageSujet: [Meuble] Shaelan Eryth Sam 18 Mai - 8:14



Eryth, Shaelan



Info Personnelle



¦Nom¦ ▬ Eryth.
¦Prénom¦ ▬ Shaelan.
¦Surnom¦ ▬ Sha ou Shae.
¦Statut¦ ▬ Célibataire.
¦Age¦ ▬ 20 ans.
¦Lieu de naissance¦ ▬ Amoï.
¦Préférence sexuelle¦ ▬ Dominé.
¦Métier¦ ▬ Aucun, en fugue.
¦Groupe¦ ▬ Meuble.

¦Personnage de l'avatar¦ ▬ Nezumi — No.6



Condition Physique



Il paraîtrait que c’est pour sa beauté qu’il fut ramassé dans les rues. Il n’avait pourtant rien d’attirant à cette époque-là ; trop maigre, trop fragile, trop misérable. Toutefois après avoir été accueilli par un maître, il put reprendre du poids et montrer que les autres ne s’étaient pas trompés : il avait effectivement beaucoup de charme. Loin d’être parmi les plus grands du haut de son mètre soixante-quinze, pour un peu plus d’un soixantaine de kilos, sa silhouette, loin de paraître massive ou imposante, n’est pas non plus chétive, et l’on pourrait aisément le placer dans la moyenne.

Le visage est doux, les traits sont harmonieux, le tout souligné par des lèvres pâles et des yeux d’un bleu si clair qu’ils en semblent gris. Expressifs, vifs, ils sont le reflet des pensées et des tourments du jeune homme. Rien qu’en dardant son regard dans ses prunelles, il est aisé de deviner ses états d’âme. Son corps lui-même se montre parfois moins bavard que ces deux billes d’acier.

Pour encadrer ceci, des cheveux noirs, fins, dont les reflets apparaissent parfois légèrement bleutés lorsque la lumière joue avec eux. Portés mi-longs, souvent négligemment attachés, ils sont ce qui le différencie des plus hauts gradés de cette société pourrie jusqu’aux os. Ni les Blondies, ni les Pets de Luxe n’avait la chevelure aussi foncée. Il fallait n’être qu’un banal citoyen, comme lui, ou pire, un mongrel, pour posséder une telle couleur.

Les membres ne sont entraînés ni à la course, ni à l’art, et si ses mains sont graciles, ce ne sont néanmoins pas celles d’un musicien ou d’un peintre. Si ses jambes ont l’habitude des longues marches en souvenir de son enfance passée dans les bas quartiers, il serait pourtant facilement battu à une quelconque course. Sa corpulence lui permet malgré tout un minimum de rapidité, d’agilité et de souplesse.

Shaelan n’est pas prompt aux grands discours ni aux éclats de rire bruyants, mais ce dernier est agréable à entendre lorsqu’il franchit la barrière de ses lèvres. Celles-ci se déforment parfois en un maigre sourire, qu’il soit de joie ou de gêne, rictus ou esquisse réservée. On peut également y lire la colère lorsque les sourcils se froncent et que le nez se pince. Le jeune homme est particulièrement expressif, de tout son être, et ne sait cacher ni les tremblements de ses mains, ni l’orage dans ses yeux.

Dans son dos, il sera possible de trouver de discrètes cicatrices, provoquées par le verre de la fenêtre brisée à travers laquelle il a basculé. Il n’aime pas spécialement qu’elles soient vues, même s’il n’en ai pas honteux à proprement parler. Plus mutilé que l’arrière de son corps, il y a sa dignité depuis qu’il a obtenu le statut de meuble et ce que cela sous-entend.

¦Signes distinctifs/Autres¦ Des cicatrices dans le dos.


Dossier Psychologique



Autrefois, Shaelan pensait n’être rien, puis on lui a offert l’occasion d’exister. Il a toujours appris à se contenter de peu. Il n’est pas exigeant ni capricieux, et du moment qu’il a un toit et de quoi manger à sa faim il s’estime heureux. Il a d’ailleurs peur de devoir retourner à la cité basse. Il ne garde aucun souvenir joyeux de cet endroit-là et préfère largement finir ses jours en tant que serviteur des Blondies, si cela lui permet d’avoir une vie décente. Qu’on l’utilise et qu’on abuse de lui ne le dérange pas. Il ne se plaint que rarement, de toute façon.

De même, il est rare que Shaelan réponde ou tienne tête. Que l’attaque soit verbale ou physique, il aura tendance à accuser les coups sans sourciller, sans chercher à se défendre. Il n’était pas rare autrefois qu’il soit battu jusqu’à en être grièvement blessé. Il a appris à se taire et à subir, parce qu’il n’avait ni la force ni la volonté de résister. Aujourd’hui toutefois, il lui arrive, bien que rarement, de se défendre. Que ce soit par une réplique cinglante ou un coup violent.

Sans être le plus grand des bavards, Shaelan sait tenir la discussion. Il apprécie de parler avec les autres, mais il ne faut jamais le questionner sur lui-même. Il ne parle jamais de lui et détourne systématiquement le sujet lorsqu’il estime que ce dernier devient trop personnel. Généralement, son regard fuit en même temps que les mots. Il accepte également très mal sa condition de meuble et déteste que ce genre de point soit abordé. Il n’aime pas non plus qu’on s’inquiète pour lui. Il fait toujours en sorte de ne causer aucun soucis aux autres, notamment en refoulant ses peurs et ses mots. Il faut alors prendre garde aux jours où il explose … Il peut se montrer alors très virulent et dévoiler une grande détresse.

Shaelan n’est pas du genre à se mettre en avant. Plus discret qu’exubérant, il aura tendance à se faire peu remarquer. Il se montre d’ailleurs particulièrement humble, loin de montrer une quelconque forme d’orgueil. Pourtant loin de fuir les contacts, il craint au contraire la solitude. Il est resté seul si longtemps qu’il cherche aujourd’hui la compagnie des autres, quel qu’ils soient. S’il est rarement sujet à la véritable colère, il prend toutefois facilement la mouche et à tendance à se laisser aller à l’agacement assez aisément. Selon ses humeurs, il le montrera en s’emportant ou au contraire en se taisant, froid et distant. Dans ces moments désagréables, il s’avère avoir pas mal de mordant.

On pourrait lui reprocher une certaine indifférence envers les autres et le monde. Shaelan n’est pas de ces grands hommes qui se battent pour la justice et l’égalité ni de ces défenseurs du bien qui aident ceux dans le besoin. Il aura plutôt tendance à passer à côté du miséreux en le regardant de haut, songeant à cette place qui était sienne avant, et laissera deux personnes s’entretuer sans les arrêter. Il n’est pas courageux, et il ne tient pas à prendre trop de risques. Il refuse de retourner dans la cité basse. Cela l’effraie trop.

Le jeune meuble ayant fini par véritablement aimer son ancien maître, il souffre beaucoup de cette séparation. Paradoxalement, il serait gêné à l’idée de se tenir devant lui, à présent privé de ce qui faisait de lui un homme. Shaelan sait se montrer d’une incroyable douceur envers l’être aimé. Très fidèle, il aura d’ailleurs du mal à tourner la page concernant ses sentiments, et est tout à fait le genre de personne qui pensera longtemps à son ancien amour. D’ailleurs loin de rechercher ce dernier, celui qui voudra remplacer son maître dans son cœur devra se munir de beaucoup de patience. A noter par ailleurs que dans les relations charnelles, Shaelan recherche plus la douceur et l’amour que le plaisir véritable. Si s’accoupler en tant que pet ne l’a jamais dérangé, il préfère le faire par affection.

Shaelan se met facilement à douter. Souvent assailli par le trouble, il se perd parfois mais se remet vite dans le droit chemin. Généralement raisonnable, il peut se montrer de bon conseil s’il accepte de réfléchir à ce qu’on lui demande. Servile, il obéit sans se poser de question, et se soumet à ses supérieurs sans broncher. On lui reproche assez souvent de ne pas assez agir par lui-même. Certaines personnes tentent de le faire réagir afin que les autres cessent d’abuser de lui, mais cela n’intéresse pas Shaelan. Il préfère vivre en rampant aux pieds des puissants que de mourir à petit feu. C’est dans ces moments-là que l’on peut aussi se rendre compte du fait qu’il est assez buté.

Depuis son accident, Shaelan est terrorisé par le vide. Se tenir en hauteur ne le dérange pas, mais il doit se tenir loin d’un quelconque bord. De même se retrouver à côté d’une fenêtre le met mal à l’aise. Il a également peur du noir. Il n’aime pas beaucoup la pluie ni la solitude, adore dormir et lire, et raffole des fruits, surtout les cerises. Il aime l’art sous de nombreuses formes, et s’essaye parfois au dessin et au piano bien qu’il ne soit pas particulièrement doué, n’ayant personne pour le guider.

On notera depuis ces récentes aventures que sa mentalité commence à changer. Il s'affirme davantage en tant qu'être humain, réussit de moins en moins à se contenter de "rien" et revoit son jugement sur les Blondies et sa condition.

Un peu plus...



¦Défauts majeurs¦ ▬ Indécis - Servile - Mordant
¦Qualités majeures¦ ▬ Gentil - Doux - Honnête
¦Troubles/Phobies¦ ▬ Il souffre d’une intense peur d’une vide. Il déteste se tenir près d’une fenêtre.
¦Particularités¦ ▬ Il a l’oreille musicale, et pourrait s’avérer bon musicien si on lui donnait l’occasion d’apprendre.
¦Manies¦ ▬ Il joue avec ses cheveux lorsqu’il est gêné.


Biographie



Il y avait du noir, et ces « bip … bip … bip … » incessants pour fond sonore. Il y avait ces longs silences suivis de quelques instants d’agitation. Il y avait ces voix qui se perdaient dans le vague, si lointaines. Il y avait ces mots incompréhensibles, ces bruits inconnus. Il y avait la douceur des draps contre sa peau et la douleur qui transperçait son corps. Il y avait le flou, l’oubli, le néant, toutes ces pensées qui s’envolaient. Il y avait trop de choses pour qu’il puisse les énumérer. Mais surtout, il y avait lui, au milieu de tout ça.

Il ouvrit difficilement un œil, et bientôt le second l’accompagna. Il cligna des paupières, dans l’espoir de chasser ces ombres et ces taches imprécises qui lui obstruaient la vue. En vain. Tout était si trouble … Jusqu’à ce que racontaient ces personnes, autour de lui. Il était incapable de comprendre ce qu’elles disaient. Il reconnut péniblement le timbre d’un homme, ainsi que celui d‘un second. Un autre individu était peut-être là également ; il ne saurait le dire.

Lorsqu’il commença à y voir un peu plus clair, il balaya l’espace où il se trouvait du regard. Tout était si blanc … Où était-il ? Et ces sons réguliers qui lui martelaient le crâne, ne pouvaient-ils pas s’arrêter ? Sa tête était si douloureuse … A vrai dire, toute sa carcasse lui semblait source de souffrance, comme si mille aiguilles le transperçaient. Mille … Non, il n’y en avait qu’une. On venait de la lui planter dans le bras. Il grimaça ; ou tout du moins voulu essayer, car il n’en avait pas la force nécessaire. Au dessus de lui se pencha un visage souriant. Il trouva cela étrange. Les gens souriants étaient si rares, sur Amoï. Du moins, ceux qui arboraient des sourires purs et sincères.

Il paraissait jeune. Seize ans peut-être ? De courts cheveux bruns encadraient son visage juvénile. Il était mignon. Il respirait l’innocence. Il dardait ses yeux bleus brillant d’espièglerie sur Shaelan. Il aperçut ses lèvres bouger, mais ce qu’il lui dit se perdit loin dans sa conscience. Il avait l’impression que son cerveau était endormi, qu’il nageait dans du coton. Il peinait à se rappeler ne serait-ce que son prénom. Ce qu’il détestait ça. Il voulut dire à l’enfant qu’il ne comprenait rien, mais délier sa langue lui semblait pour l’heure trop difficile. Le gamin parut comprendre, sûrement parce que son regard était rivé sur un point inconnu du plafond immaculé, et décida de se taire. Un autre homme entra alors dans son champ de vision.

C’était un Blondie. Evidemment. Si les hauts gradés avaient disparus, Shaelan aurait cru être mort. Finalement, ce n’était peut-être pas une option si désagréable que ça. Si on appelait ça le paradis, ça devait bien être parce qu’il y avait des avantages à quitter ce monde. Ah, naïves pensées … Il n’y avait rien après la mort. C’était stupide. Il n’y avait que le néant. L’obscure et inéluctable néant.

Le Blondie paraissait âgé, bien qu’il en restait particulièrement beau. Ces monstres étaient chanceux. Ils naissaient intelligents, sans imperfection, plein de qualités, et ils garderaient ces atouts jusqu’à rendre l’âme. Quelle injustice … Toutefois, celui-là ne semblait pas chercher à se mettre en avant, comme ses confrères. Quelque chose chez lui évoquait une personne humble et soucieuse. Tss, quelle ironie. Si Shaelan avait été en état de bouger, nul doute qu’il aurait esquissé un rictus mauvais.

Les longs cheveux du Blondie vinrent effleurer les draps alors qu’une fois encore, la seringue approchait. Shaelan détestait les piqûres. Toutefois, après quelques interminables minutes, le monde lui parut moins distant, moins irréel. Et les mots qui suivirent, il les entendit clairement.

- Vous pouvez vous redresser ?

Ah … Bonne question. Il était drôle, ce Blondie. Il parlait avec douceur, comme à un enfant, ou un animal effrayé. Un peu des deux. Dans le fond, c’était ce qu’il était, non ? Mais quel étrange personnage. Il dégageait comme une aura sereine. Sa présence était presque réconfortante. Presque. Ah, pour cet homme, il pouvait bien faire un effort et tenter de se redresser. C’était dur, douloureux … Mais avec l’aide du gamin, il réussit. Les oreillers calés dans son dos, il se tenait presque assis, et cette position lui permit de mieux se rendre compte de l’endroit où il se trouvait. Une chambre. Un chambre d’hôpital ; ou de quelque chose y ressemblant. Cela semblait plus petit, moins impersonnel. Une clinique ?

- Vous pouvez parler ? demanda le Blondie, encore avec douceur.
- Question stupide … marmonna Shaelan pour seule réponse.

Le blondie afficha un air satisfait, presque soulagé.

- Bien. Je me présente, donc. Je suis Ion, médecin. Ton maître t’a confié à moi suite à ton petit … accident.

Le regard de Shaelan s’obscurcit. Il n’avait pas envie d’entendre les détails de cette histoire. Pas pour le moment. Le jeune garçon attira son attention, et, plein de fougue, s’annonça à son tour.

- Moi c’est Axel. Ravi de te rencontrer !
- De même …


Toute cette énergie en était presque épuisante. Il n’avait qu’une envie, c’était dormir. Le Blondie le comprit sûrement, car il demanda au dénommé Axel de le laisser tranquille. Il avait besoin de sommeil. Alors, à peine les deux individus eurent-ils quitté la chambre que Shaelan s’endormit …

Il passa les jours suivant à reprendre des forces. Il mangeait, dormait, et en apprenait plus sur le médecin et le lieu où il se trouvait. Il apprit notamment qu’il agissait indépendamment, et que ses patients étaient souvent de vieux amis ; ou, dans le cas de Shaelan, des possessions de ses amis. On lui expliqua surtout aussi qu’il avait acquis le statut de « Meuble », mais cela, il avait été capable de le comprendre par lui-même, non sans amertume. Lui comme Axel se montraient bienveillant à son égard. Bientôt, il fut assez en forme pour s’installer dans une chambre qu’il qualifia de « normale », et cela lui fit le plus grand bien. Déjà, il allait mieux. De ces jours sombres, il n’en garderait que quelques cicatrices et de mauvais souvenirs. Ces journées, il les passait à discuter avec Axel, à qui il s’attacha beaucoup.

- Au fait, j’y pense, tu ne m’as jamais dis ton nom, annonça Axel un beau matin.
Le concerné grommela. Il n’avait même pas songé à se présenter.
- Shaelan Eryth, répondit-il, le regard fuyant.
- Shaelan ? Axel parut songeur, puis, après quelques instants, déclara joyeusement : C’est mignon et ça te va bien.
- Tss, si tu le dis …


Shaelan ne chercha pas à protester. Il commençait à s’habituer au caractère du plus jeune et savait pertinemment qu’il n’avait aucune chance de le faire céder. Il soupira, puis se laissa tomber en arrière dans son lit, bras croisés derrière sa tête. Il resta silencieux, à observer le plafond une fois encore, avant de poser la question lui brûlant les lèvres.

- Axel, comment as-tu atterrit ici ?

Le concerné perdit aussitôt sa fougue. Penaud, il s’assit contre le mur et ramena ses jambes contre sa poitrine.

- Et bien, à vrai dire, c’est parce que Maître Ion m’a sauvé la vie. Tu sais, j’ai fais une grosse bêtise … Une très très grosse bêtise … Mon ancien maître n’était vraiment pas content. Je n’avais même pas quinze ans qu’il a décidé de se débarrasser de moi … Il ne me voulait même pas comme Meuble. Il préférait m’éliminer, j’étais trop inutile. C’est là que Maître Ion est entré en jeu. C’était un ami de mon ancien propriétaire. Il a décidé de me racheter. Contre un peu d’argent en plus, l’affaire a été étouffée.

Axel s’arrêta, et un petit sourire triste se dessina sur ses lèvres.

- Maître Ion est très gentil. Il n’est pas comme les autres Blondies. Montrer sa puissance ou se pavaner ne l’intéresse pas. Il ne va pas contre les ordres de Jupiter, mais il ne l’approuve pas pour autant. Du coup, il vit un peu à l’écart. Il soignes les Animaux et les Meubles de ses amis à leur demande, voire même des Blondies parfois. Il ne vit pas pour détruire mais pour réparer. Il soigne et aide les autres. C’est quelqu’un de bien. Je suis très heureux avec lui.

L’adolescent semblait sincère. Il faisait peine à voir. Shaelan voulut changer de sujet, mais sa curiosité le poussa à poser cette dernière question.

- Et c’était quoi, cette bêtise ?
- Je n’ai pas envie de le dire …


Shaelan n’insista pas. Il comprenait. Lui-même parlait peu de lui.

- Et toi, pourquoi tu es arrivé dans cet état ? finit par dire le cadet.
- Pas envie d’en parler …


Et Axel non plus n’insista pas. Il vit son ami se tourner pour s’allonger sur le ventre, le visage caché en partie par ses bras. Et peu à peu, alors que le silence s’installait, il replongeait dans ses souvenirs …

Né comme tant d’autres, un simple humain à la dérive, lâché dans les bas quartiers. Un gamin sans famille, sans ami, sans personne sur qui compter. Il était seul, comme l’étaient pas mal de gens dans ce monde-là. Shaelan n’aimait pas sa vie. Il passait ses journées à errer de rue en rue, dans l’espoir peut-être qu’on lui tende la main. Il volait pour se nourrir, et finissait souvent gisant à moitié mort dans une ruelle sombre. Les commerçants n’aimaient pas beaucoup qu’on emporte leur marchandise sans payer. Mais il n’était qu’un gamin abandonné à son triste sort ; pour survivre, il n’avait que cette option.

Il tournait en rond, comme un lion en cage, alors que son horizon était vaste. Il était comme un chien errant, qu’on retrouvait à marcher sous la pluie, sans but, comme en recherche d’un abri contre le mauvais temps. Quand il ne déambulait pas, il restait assis, longtemps, adossé à un quelconque mur, le regard vague. Aussi loin que remontent ces souvenirs, à cette époque, il avait toujours ce regard vide et inexpressif, rivé sur un point inconnu. Il était toujours ailleurs, silencieux. Quand on le frappait, il ne protestait jamais ; il lâchait un gémissement de douleur tout au plus. Il ne parlait pas, ne riait pas, ne pleurait pas. Son univers était vide, et lui était inerte. Il n’avait même pas de nom. Il n’était rien.

Il devait avoir quinze ans, lorsque ces hommes qu’il savait hauts placés passèrent dans cette rue, où, l’air absent, assis à même le sol, il protégeait un chaton de la pluie à l’aide de ses bras. Puisqu’il était incapable de se réfugier, autant que sa carcasse serve à d’autres. Peut-être les corbeaux viendraient-ils dévorer son cadavre lorsqu’il serait mort. Au moins, son existence aurait eu un sens, au-delà de la vie.

Il sentit des mains puissantes saisirent ses bras et le lever. L’animal chétif protesta de se voir ainsi délogé et trottina en quête d’un autre abri, alors que le garçon se faisait traîner vers l’inconnu. Il ne résista pas. Il ne savait pas ce qui l’attendait, mais il doutait que cela soit pire qu’ici. Et dans le cas contraire … Il n’aurait plus qu’à mourir. De toute façon, il ne vivait pas. Celui qui ne vivait pas ne pouvait craindre la mort. Elle en était au contraire salvatrice …

On l’emmena dans un lieu nouveau. Où, pourquoi ? Il s’en fichait, les faits étaient là. Qu’allait-il devenir ? Peu importait. Il savait qu’on parlait de lui, mais il distinguait à peine les mots. Tout au plus, il comprit qu’on l’avait ramassé dans cette rue parce qu’il était beau, qu’il pouvait être utile. Soi-disant qu’un type aussi amorphe ne devait pas être bien difficile à dresser. S’ils le disaient. Après tout, ce n’était pas important. Tout ce que l’adolescent constatait, c’était qu’il ne pleuvait plus et qu’il n’avait plus froid. Il avait un toit. Il se dit alors que, définitivement, ce ne pouvait pas être pire que dehors.

Shaelan se souvenait qu’on l’avait touché, examiné, bougé dans tous les sens comme une poupée de chiffon. A ce moment-là, on ne le considérait déjà plus comme un humain ; pour peu qu’il ait déjà possédé ce rang aux yeux des Blondies, puisque tel était le nom de ces créatures. Il n’était qu’un animal, une chose. Cela le confortait dans son idée. Il était passé de « rien » à « animal ». L’avenir ne pouvait pas être pire que les jours passés.

Il a attendu, longtemps, au milieu des autres ; mais ces mêmes autres, il ne les voyait pas vraiment. Trop replié sur lui-même pour prêter attention à ce qui l’entourait, il se contentait d’attendre. Parfois, il entendait des bribes de conversation. Peu à peu, il apprenait. Ce qu’il était, pourquoi il était là, et qui étaient tous ces gens. Il comprenait que rien ne serait plus pareil. Il repensa au chaton qu’il protégeait de l’averse. Est-ce que lui aussi, on le ramasserait comme on l’avait ramassé lui ?

Un matin, ou un soir, il n’en savait rien, le garçon fut présenté à un Blondie. Il en conclut que c’était un potentiel acheteur. Allait-on l’emmener ailleurs ? S’il faisait bonne impression, oui, sûrement. Une fois de plus, il fut le centre d’une grande attention. On posait des questions à son sujet, on le touchait, on le montrait. Les formalités furent réglées, le garçon fut emmené ailleurs. Chez le Blondie du nom de Lionel. C’était luxueux, chez lui. Grandes pièces, meubles élégants et impeccable propreté. En comparaison de tout ce que le jeune pet avait vu jusqu’ici, c’était particulièrement beau. Si cet endroit devait être son nouveau « chez-lui », alors il n’était pas si mal tombé.

Son maître, puisqu’il devait le considérer comme tel à présent, décida de le nommer Shaelan. Il lui laissa le choix d’un nom. Il décida de prendre Eryth, plus tard, lorsqu’il croisa ce mot dans un livre de Lionel. Il était bon avec lui ; s’il faisait bien son travail, il était autorisé à lire. Mais ça, ce ne fut que plus tard, une fois éduqué, et une fois instruit surtout.

Il n’était pas seul, ici. Il y avait un autre pet, de son âge, du nom de Kamylle. Un garçon adorable, qui vivait ici depuis quelques temps déjà. Il y avait également des meubles, mais Shaelan ne leur parlait jamais. Il n’était pas là pour ça. En revanche il se lia rapidement avec son camarade. Leur maître confia à l’habitué la rude tâche d’apprendre les rudiments de son travail au nouveau. Ce fut aisé. Shaelan ne se rebellait pas. Il préférait cette vie à celle qu’il avait avant. Ici, il avait un toit, un lit, à manger. On ne le frappait pas, ou alors très rarement, et tout ce qu’il devait faire, c’était divertir les Blondies. S’accoupler avec les autres ne les dérangeaient pas. Ce n’était que le prix à payer pour ne pas se retrouver sous la pluie à nouveau.

Lorsque Lionel n’avait pas besoin d’eux, il laissait ses pets accéder à sa bibliothèque personnelle, pour peu qu’ils n’abiment rien. C’était leur seul divertissement, mais Shaelan en était tout à fait ravi. Avant, il n’aurait jamais pu ne serait-ce que rêver d’effleurer la couverture d’un roman. Déjà, parce qu’il était analphabète, et surtout parce que cela coûtait cher. Mais à présent, il pouvait passer des heures à tourner des pages. Il était heureux, vraiment.

Shaelan fut étonné de la bonté de leur maître à son égard et à celui de son ami. Jamais il ne les disputait, jamais il ne les punissait, tout au plus leur faisait-il des reproches lorsqu’ils faisaient une petite bêtise. Il lui arrivait aussi de discuter avec eux. Bien entendu, il ne faisait cela que lorsqu’il n’y avait aucun témoin. Il leur avait dit un jour : Jupiter ne devait jamais apprendre que lui, un de ses fils parmi tant d’autre, s’écartait d’elle également. Leur pauvre Mère était déjà si furieuse de voir le contrôle de son monde lui échapper peu à peu …

Avec le temps, Lionel se mit à convoquer Shaelan, certains soirs. Assis sur son sublime fauteuil, son animal agenouillé à ses pieds, il lui caressait les cheveux, sa tête alors posée sur ses jambes. L’adolescent se laissait alors bercer par ce geste, fermait les yeux et souriait avec douceur, apaisé par ces mots que son maître lui répétait.

- Tu es beau, Shaelan, tu es très beau. Tu es comme un ange, un adorable chaton recueilli. Je t’aime beaucoup, Shaelan.

A cela, le concerné répondait peu. Parfois des remerciements, tout au plus. Il préférait lui montrer sa gratitude par des actes. Jamais il ne lui portait préjudice, n’agissait contre sa volonté ou le défiait. Il restait sagement à sa place. Peu à peu, ils ne se retrouvèrent plus sur ce fauteuil, mais dans le lit du Blondie. Lionel fit ce qui était interdit mais que ces confrères de seconde génération faisaient parfois. Il toucha à son animal, l’étreignit, s’accoupla avec lui en lui répétant qu’il lui était cher.

Et plus Shaelan se rapprochait de son maître, plus il s’éloignait de Kamylle, son unique ami.

Kamylle devenait froid avec lui, et jetait des regards noirs lourds de sens. Il savait. Il les voyait, depuis la porte entrouverte. Il les entendait. Était-il dégouté, jaloux ? Peut-être les deux. Un jour, alors qu’ils lisaient dans le vaste salon, presque trop vide au vue de sa taille, il dit sèchement à Shaelan :

- Je sais que tu couches avec le maître.
Shaelan tiqua, cessa sa lecture et détourna les yeux. Gêné, il répondit :
- Je ne vois pas de quoi tu parles … C’est insensé.
- Oui, c’est insensé,
continua-t-il. Mais je sais que c’est la vérité. Ne nie pas.
- Allons, ne sois pas stupide …


Il lâcha un rire nerveux, tritura une mèche de ses cheveux. Il n’aimait pas la tournure que prenait les choses. Son instinct lui criait de fuir cette discussion. Il se leva, chercha à partir. Kamylle fit de même et lui barra la route. Shaelan recula, Kamylle avança. Bientôt, le premier fut presque accolé à la fenêtre derrière lui. Son ami semblait furieux. Une flamme qu’il ne lui connaissait pas brillait dans ses yeux. Il vit les mains s’approcher de son cou et le saisir, le serrer. Shaelan ne savait comment réagir.

- Je ne suis pas stupide, c’est toi qui me prend pour un idiot … Ne mens pas ! Cette nuit encore tu gémissais entre ses bras comme une chienne, alors qu’il te susurrait son amour …

Sa voix était teintée d’une colère étouffée, son regard était mauvais. L’étreinte sur sa gorge se resserrait. Ce qu’il pensait être son ami explosa.

- … Mais qui es-tu pour débarquer du jour au lendemain et t’accaparer le maître ?! On était bien sans toi ! On a jamais eu besoin de toi ! Le maître n’avait d’yeux que pour moi ! Bien sûr il ne m’aimait pas, moi jamais il ne m’a touché … Mais il n’y avait pas toi sur le chemin ! Devoir t’apprendre à bien te comporter ? Plutôt crever que de former mon rival ! Si ce n’était pas LUI qui l’avait demandé, je t’aurais laissé dans ton coin à te laisser mourir ! Tu n’es rien ! Absolument rien ! Tu n’as pas le droit de poser tes sales pattes sur le maître !

Plus il avançait dans sa tirade, plus sa voix s’élevait, pour s’achever en hurlement. Shaelan voulut reculer de quelques pas, se cogna contre la fenêtre. Par-dessus l’épaule de Kamylle, il vit Lionel arriver, visiblement alerté par ces cris. La dernière chose que Shaelan vit avant de percuter le verre et de basculer dans le vide, sous l’impulsion de l’autre pet, ce fut le visage angoissé de l’homme qui lui avait offert une vie.

Ce fut également la dernière fois qu’il put apercevoir la beauté de ses traits.

Shaelan soupira. Axel n’avait pas bougé. La porte s’ouvrit, et les deux amis posèrent leurs yeux sur maître Ion, qui venait d’entrer. En quelques mots, il demanda au plus jeune de se retirer. Dans cette chambre ne resta alors que le Blondie et le jeune meuble. Le médecin vint s’asseoir au bord du lit, et Shaelan daigna au moins se redresser. Assis au tailleur sur les draps, il fixait un point invisible sur le sol.

- Je suppose qu’une chute pareille passe difficilement inaperçu … finit par dire l’ancien pet.
- Effectivement, ce n’est pas tous les jours qu’on voit un homme tomber du ciel. A vrai dire, tu as eu de la chance dans ton malheur, répondit l’autre. Les cris de Kamylle ont alertés un peu de monde. Lionel a eut du mal a étouffer l’affaire. Pour calmer le jeu, il vous a fait passer au statut de meuble tous les deux, pour vous punir. En revanche il t’appréciait trop pour te laisser aux mains d’inconnus. Il t’a donc confié à moi.

Shaelan recevait enfin les explications qu’il refusait d’entendre depuis des semaines. A vrai dire, il n’avait aucune envie d’entendre le nom de Kamylle, ni celui de son maître. Son maître qui lui avait tant offert …

- Pourquoi mon maître ne m’a-t-il pas gardé ?
- Après cet évènement, cela aurait paru suspect. Il ne tient pas à ce que la relation que vous entreteniez ne soit divulguée. Il refuse de s’exposer ouvertement aux risques. Garder un pet couvert de cicatrice ne présente aucun intérêt pour un Blondie.


Oui, c’était logique. Pourtant, il aurait aimé entendre autre chose. Comme quoi se séparer de lui avait été douloureux, qu’il y était contraint, qu’il l’aimait. Peut-être était-ce vrai, mais ces mots, il ne pouvait les exiger pour le prouver. De toute façon, c’était terminé, il devait passer à autre chose. Néanmoins les derniers mots de Kamylle brûlait encore en lui. Il avait raison. Il n’était rien. Il s’était montré bien prétentieux que de croire le contraire. Il n’était rien, serait toujours rien.
Ion était chargé de lui trouver un nouveau maître. En attendant, il resterait ici.

Ce n’était pas si mal. Il avait un toit, un lit, à manger. Il n’était pas retourné dehors sous la pluie.
__________________
Toujours la même pluie monotone. Shaelan, perdu, erre dans Seala, retrouve durant quelques heures sa vie d'autre fois et se laisse aller au désespoir qu"il contient depuis trop longtemps. Sa destination finale, une vieille église, le mène à rencontrer Zackarie, et si les débuts sont houleux, au fil de la discussion ils en viennent à devoir se revoir : Shaelan lui a promit d'être son professeur.

Heaven's not enough. Le Blondie qui garde temporairement Shaelan lui a annoncé avoir trouvé un acheteur potentiel. Passablement vexé, le jeune meuble erre une fois de plus. Il croisera Ewan, une ancienne connaissance dont il a très peu de souvenir. Il lui propose de lui rendre visite à son bar un de ces quatre. Sur leur séparation, Ewan se fait agressé et Shaelan se retrouve mêlé au différent : toujours aussi peu digne, il usera de moyens exécrables pour se sortir de là et abandonnera Ewan à ses assaillants.

La frontière entre deux mondes. Sevastian, Blondie, vient pour acheter Shaelan. Pour la première fois, le meuble ressent de la peur et du dégoût pour l'un d'eux : surnommé le Serpent, il ne cherche qu'à fuir. Le contrat signé et sur le chemin de l'enfer, Shaelan réussira à s'évader. Actuellement en fuite, il ne sait ni où aller, ni quoi faire, ni quels sont ses souhaits d'avenir.

Un court résumé...


¦ Petite description rapide de votre personnage¦

Shaelan est un meuble à la recherche d’un maître. Ramassé dans les rues, il fut acheté par un Blondie qui possédait déjà un autre pet. Il a entretenu une relation avec son maître, ce qui déplu à l’autre ; il tenta alors de le tuer. Suite à cela, Shaelan fut castré et placé chez un médecin, ami de son ancien maître. Docile, il parle peu de lui et se referme sur lui-même depuis quelques temps. Il est actuellement en fuite.

▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬

Derrière votre écran



¦Votre âge¦ ▬ Celui qui devine gagne un biscuit.
¦Des doubles comptes?¦ ▬ Non.
¦Des questions ?¦ ▬ Pas que je sache. J'ai mis ma fiche à jour avec mes trois malheureux RP à la fin improvisée pour me donner des ouvertures.

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Jupiter
PNJ - Maîtresse absolue

PNJ - Maîtresse absolue

MessageSujet: Re: [Meuble] Shaelan Eryth Dim 19 Mai - 13:23

Un personnage en toute simplicité qu'il sera facile de voir évoluer par la suite.

Fiche validée, bon jeu à vous.
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Voir le profil de l'utilisateur http://ai-no-kusabi-reload.forumactif.org

[Meuble] Shaelan Eryth

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